Le projet d'annexion du Groenland porté par Donald Trump a franchi un nouveau palier dans la nuit de lundi à mardi. Fidèle à sa doctrine de pression économique, le 47e président des États-Unis a réitéré ses menaces à l'encontre de l'Union européenne.
L'administration américaine prévoit une escalade tarifaire en deux temps : une première hausse des droits de douane à hauteur de 10 % dès le 1er février, suivie d'un bond à 25 % à compter du 1er juin 2026. En guise de mesure de rétorsion ciblée, le locataire de la Maison-Blanche a également évoqué l'imposition de surtaxes punitives s'élevant à 200 % sur les vins et spiritueux français.
Les diplomates européens sont actuellement réunis en urgence pour élaborer une réponse à la énième menace tarifaire du Président Trump. Au cœur des négociations, l’Instrument Anti-Coercition (IAC) jusqu’ici tenu en réserve refait surface.
L'analyse :
Face à l’escalade de Washington, l’Europe prépare sa riposte
Selon les dernières analyses de JP Morgan, le Parlement européen pourrait donner son feu vert pour infliger une pénalité de 93 milliards d’euros à l’économie américaine. Une mesure de rétorsion qui impacterait fortement les deux rives de l’Atlantique.
Par ailleurs, les Etats Unis restent dépendant du marché européens, du moins d'un point de vue monétaire. Selon une note de recherche de la Deutsche Bank, l'Europe occupe une position stratégique majeure pour l'économie américaine : les investisseurs européens détiendraient près de 8 000 milliards de dollars d'actifs américains (actions et bons du Trésor), c'est 2x plus que le reste du monde hors Europe. Dans ce contexte, une escalade diplomatique majeure pourrait engendrer des ventes d'actifs Etats-Uniens progressifs qui fragiliseraient le dollar et affaibliraient les conditions de financement de la dette américaine.
Finalement, l'issue de cette crise pourrait venir des États-Unis eux-mêmes. L’année 2026 est celle des élections de mi-mandat (Midterms), un scrutin crucial qui renouvelle la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Or, le dernier baromètre Reuters/Ipsos est sans appel : seuls 17 % des Américains soutiennent le projet d'acquisition du Groenland, et à peine 4 % approuveraient l'usage de la force. Cette impopularité 8 mois avant les scrutins pourrait constituer une pression supplémentaires sur le président Trump et offrir aux Européens une alternative diplomatique inattendue avant que le point de non-retour ne soit réellement atteint.
L'impact sur les marchés
Marchés Européens : Une résilience sous-estimée face au risque américain ?
Malgré un repli marqué des bourses européennes en ce début de semaine, les analystes s'accordent à dire que si les risques d'une escalade existe, il reste pour l'heure, limités. Malgré le fait que l'indice MSCI Europe est composé à 70 % de pays directement visés par les menaces tarifaires, seule une infime partie de son chiffre d'affaires (environ 2 %) se trouve réellement exposée à ces nouvelles taxes. Cette résilience s'explique notamment par la capacité des entreprises à répercuter les coûts ou par leur implantation industrielle déjà solide sur le sol américain.
En toute logique, face à ce climat géoéconomique explosif, l'Or apparaît une nouvelle fois comme un rempart pour le portefeuille en évoluant a contre-courant des bourses mondiales en atteignant 4750 USD/once